la petite Julie Cayeux

La petite Julie est née en Normandie, par une terrible nuit d'orage. Elle grandit dans une maison pleine de livres. (c'est normal, son papa écrit des histoires.)

En grandissant, elle devient très timide, au point de devenir muette de terreur. Pour survivre, elle écoute Nirvana et commence le théâtre. Elle aime tellement ça qu'elle suit l'option théâtre au lycée, où elle a la chance d'avoir comme professeur Frédéric Ferrer (Cie Vertical Détour).

 

Avec Frédéric Ferrer, elle incarne des poules, traverse le plateau de gauche à droite, puis de droite à gauche en déclamant des textes contemporains. Ensuite, elle joue dans la Parole Errante d'Armand Gatti, mis en scène par ce foutu Frédéric Ferrer.

 

Etudiante à l'Université, une immense lassitude la plonge dans la désolation. Elle obtient en cinq ans (au lieu de trois) une licence d'Etudes Théâtrales.

Pour échapper à l'ennui et à ses angoisses existentielles, elle part au Burkina Faso, où elle travaille avec la compagnie Wécré Théâtre. Elle revient, devient maman, repense à la poule de Frédéric Ferrer, puis finalement intègre la formation professionnelle de Clown du Samovar où elle a le droit de faire la poule et  tout ce qu'elle veut (même le cochon sous acide si ça lui chante, et ça c'est super). 

Sauf qu'à un moment, elle se dit qu'elle aime bien le théâtre un peu clown et le clown un peu théâtre, alors elle décide d'écrire ses propres trucs, pour faire ses propres trucs. (un peu comme son papa, qui écrivait ses histoires)

Sa première pièce, Moi, Sidonie, POUM... est publiée aux Editions Christophe Chomant en 2017.

Elle aime

 Jouer des chansons tristes au piano quand elle est toute seule

  Elle n'aime pas 

  Quand quelqu'un lui demande de jouer des chansons tristes au piano devant des gens, parce qu'alors ses doigts tremblent, elle fait des fausses notes et elle se met à pleurer. Ça casse l'ambiance, tout le monde est gêné.

Et celui qui lui a demandé de jouer un morceau au piano lui tend un mouchoir en se disant:

"Et merde, si j'avais su j'aurais rien demandé..."

Mais c'est trop tard, le mal est fait..

le petit Baptiste Belaïd

Baptiste Belaïd est un garçon étonnant. Contre toutes attentes, il a pratiqué le rugby durant de nombreuses années. Ainsi ce corps grand, très grand (nous pourrions presque nous hasarder à le qualifier de « démesurément » grand), ce corps est néanmoins resté agile et souple.

Contrairement à Julie Cayeux, Baptiste Belaïd a donc le geste burlesque et le mouvement fluide et c’est un grand soulagement pour Adèle Michel. Après avoir suivi des études plutôt scientifiques, il s’est rendu compte que devenir expert comptable était une très mauvaise idée. Plutôt que de monter une SARL, il a donc décidé de tout quitter pour l’amour du théâtre en intégrant une école d’Art Dramatique à Lyon.

Puis, il a rejoint le Samovar où il a proposé durant deux ans toutes sortes de propositions déconcertantes, notamment l’histoire d’un homme-ballon qui mange tout seul un gâteau d’anniversaire avant de se faire éclater la tête et de la faire repousser grâce à un astucieux système. Car Baptiste Belaïd n’est pas qu’un artiste burlesque, c’est aussi un artiste visuel et audacieux.

 

Adepte dès son plus jeune âge de théâtre contemporain lugubre, c’est tout naturellement que sa loufoquerie a rejoint la Mariebell Compagnie où il se réjouit de travailler dans des conditions peu reluisantes, pour un salaire de misère. Souhaitons lui une longue carrière, en espérant que la présence de Julie Cayeux et Adèle Michel ne le plonge pas dans les affres de la dépression, ou pire : de la drogue et de l’alcool.

Il aime

 Boire des cafés et parler très vite le matin quand les gens sont à peine réveillés. Car Baptiste Belaïd est une pipelette.

Il n'aime pas 

Le Camping sauvage et ne pas prendre sa douche pendant deux jours. Car Baptiste Belaïd n'est pas un hippie.

 

 

D’aussi loin qu’on s’en souvienne en Poitou Charentes, la petite Adèle Michel a toujours fait preuve d’un sacré caractère. Le théâtre, elle tombe dedans dès le plus jeune âge, entourée d’une famille de comédiens, d’éducateurs et d’artistes en tout genre. Alors forcément, ceci explique cela...

Quand elle était petite, elle forçait ses amis Arthur, Alice, et Léo à faire des spectacles de théâtre, sans même leur laisser le droit d’aller faire pipi pendant les répétitions. Car à huit ans, elle avait déjà conscience des sacrifices que l’Art avec un grand A exige. Elle était donc prédisposée, dès le plus jeune âge, à devenir une terrible metteuse en scène. Mais également une interprète !

A treize ans, elle eut en effet une révélation en jouant Mathurine dans Don Juan. Mais bon, la petite Adèle était aussi attirée par tout ce qui n’est pas classique, alors son chemin la dirigea doucement vers le clown, jusqu’à quitter sa Poitou Charentes pour aller faire l'école du Samovar à Paris.

Aujourd’hui, elle a co-fondé la Compagnie Quand les Moules auront des Dents avec Camille Moukli-Perez, et interprète dans leur spectacle "Germaine et Germaine", une petite vieille qui s’appelle Germaine et qui n'est pas commode. Pas commode du tout. (Un peu comme Adèle, quand elle fait de la mise en scène...)

Et comme si ça suffisait pas, elle monte aussi un solo, Mon drôle, où elle joue une ogresse.

Pour finir, elle rejoint la Mariebell Compagnie pour aider à la mise en scène de Moi, Sidonie, POUM. Et en tant que metteuse en scène bien consciente des sacrifices que l’Art avec un grand A exige, elle ne leur laisse pas le droit d’aller faire pipi pendant les répétitions.

 

NON NON NON et NON !

la petite Adèle Michel

Elle aime 

Les gens qui ont l'air méchant mais qui au fond, ne sont pas vraiment méchant

Elle n'aime pas

Les gens qui ont l'air gentil mais qui au fond, sont toujours prêts à vous faire des sournoiseries en douce. Ces gens là, ça lui donne de l'urticaire, ça lui met les nerfs en compote, après elle se met à gueuler, après elle culpabilise parce qu'elle a gueulé, et après elle pleure parce qu'elle culpabilise.

le petit Grégory Legeai

Grégory Legeai est décédé le 3 août 2017, à l'âge de quarante ans.

Il s'est battu avec courage contre le cancer, qui nous a fauché un immense clown.

C'est avec lui que nous avons créé la pièce Moi, Sidonie, POUM et nous n'oublierons jamais le grand artiste qu'il fut.

Désormais, il a rejoint les fantômes du piano de Marie Bell et restera à jamais dans nos cœurs. 

Le petit Grégory Legeai naquit il y a très, très longtemps. Il commença par faire toutes sortes de choses dans les théâtres: régisseur lumière, électricien, régisseur plateau, machiniste, cintrier... Mais quand tout le monde était parti, il ne pouvait s'empêcher de rallumer les projecteurs et de parader sur le plateau. C'est alors qu'il travaillait sur le Slava's Snow Show qu'il entendit clic-clic dans sa tête. Sa voix intérieure lui murmura alors:

"Oh Grégory Legeai, n'aie crainte, part et devient le clown que tu dois être".

Du coup, pour pas contrarier sa voix intérieure, il se précipita au Samovar et suivit un stage avec Claire Vergos. Et tant qu'à faire, il y resta trois ans, le temps d'intégrer la formation professionnelle et l'année de création. Son clown, c'était Pignouf. Pignouf vagabondait un peu partout: Shirley et Dino le laissèrent passer un coup de balai clownesque, il s'essaya au cinéma avec Abel et Gordon, travailla même à Las Vegas pour le cirque Eloïse. En 2016, il intégra La Mariebell Compagnie pour le spectacle Moi, Sidonie, POUM...

Il avait bien du courage, ce Grégory Legeai... Malheureusement, un ignoble cancer du poumon décida de nous l'arracher, et notre petit Grégory rejoignit le paradis des clowns, le 3 août 2017.

 

Le destin est bien trop souvent injuste, alors pour lui rendre hommage, nous continuerons à nous moquer de la mort de toutes nos forces, à rire de nos malheurs.

COIN-COIN.

Il aimait

Les balais et les guitares électriques, et puis critiquer la société

 Il n'aimait pas

Les gens qui n'aiment pas les balais et les guitares, et puis les gens qui critiquent les gens qui critiquent la société