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Sainte Grâce des langues de bois,

Sainte Grâce des langues de bois,


Il y a six mois déjà, les ménestrels du petit peuple espéraient, à défaut de considération, obtenir des bribes de solutions. Hélas, comme tous les petits rois, vous avez fait la sourde oreille…


Moi qui ne suis qu’un petit clown de rien du tout, j’ai des papillons noirs dans la tête, ma langue qui brûle et des mycoses aux pieds. Je souffre d’un manque de perspectives aigu et d’un naufrage de statut. Que nous réserve l’avenir, si ce n’est l’abime ou bien l’apnée ? J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne comprends pas pourquoi nous interdire de travailler, si c’est pour nous punir ensuite de ne pas avoir pu travailler… Cependant, ce ne sera pas la première de vos absurdités !

Permettez-moi de vous dire que votre mandat empeste les toilettes bouchées. Non seulement, vous refusez de reconduire l’année blanche, mais vous magouillez des réformes abjectes en feignant de nous ignorer. Depuis l’automne, nous ne sommes pas dupes de vos mensonges et de vos discours creux. Si les fesses de Corine Masiero ont heurté votre sensibilité, il serait temps de vous interroger sur l’indécence de vos nombrils dorés. Je ne suis qu’un clown de rien du tout, dont le cœur dégouline de factures et qui peine déjà à joindre les deux bouts. Rouvrez les salles, merci ! Les abonnés seront satisfaits. Mais nous savons tous que sur le carreau, les plus fragiles d’entre nous vont rester.


Sainte Grâce des langues de bois, les ripailles en cristal écorchent notre dignité : Avez-vous vu ces cracheurs de feu qui gambadent devant les CDN ? Quelques intermittents qui jouent à « Gilets jaunes », glousse un de vos ploutocrates. Tant qu’ils ne brûlent pas de poubelles et ne perturbent pas les programmes TV, laissons-les dans la rue organiser des petites criées. Début juillet, on enverra le peuple à la plage, qu’il bamboche en mangeant des saucisses. Et bim ! Nous glisserons nos lois et nos décrets.


Sainte Grâce des langues de bois, votre humble populace n’est pas un paillasson qu’on peut salir et piétiner. Épargnez-nous vos sermons télévisés, c’est votre mépris qui aiguise nos cris. Aussi, vous feriez bien de vous méfier des grandes colères de vos petits sujets. Profiter d’une pandémie pour assommer son peuple, n’est-ce pas un signe de grande perversité ? À force de précariser votre pays, il finira par vous mordre et vous l’aurez bien mérité. Tout de même, votre rapport à l’autorité mériterait bien une petite fouille des névroses refoulées.


En espérant que d’ici le solstice d’été, vos chakras se seront alignés…


Bien à vous,


Signé un petit clown de rien du tout...


Texte: Julie Cayeux

Photographie: Ludovic Ismaël

Clown: Jérome Revel



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